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| Un sommet de l'information au pays de la répression |
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Selon le régime tunisien, il ne s'agirait ni plus ni moins que d'un crime crapuleux qui pourrait « survenir dans toutes les capitales du monde ». Mais les principales figures de défense des droits de l'Homme ne voient d'ailleurs dans les dernières mesures annoncées - dans le but de faire progresser la libéralisation de l'information - qu'une tentative de la part de Ben Ali pour masquer la réalité intérieure au reste du monde. Ils sont en effet habitués depuis des années à ce type de pratiques répressives. Si la liste des agressions survenues en Tunisie ces dernières années à l'encontre des militants pour les libertés est longue, en ce qui concerne Christophe Boltanski, il s'agit d'une première. Jamais jusque-là un journaliste étranger n'avait été agressé physiquement malgré les conditions de travail souvent délicates auxquelles ils sont confrontés (filatures, surveillance,…). Il venait en tout cas de publier un reportage relatant le récent passage à tabac de l'avocat Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH). « Dans la ville, cet avocat, défenseur des droits de l'Homme, n'est pas le seul, dont les lignes se trouvent d'un seul coup "en dérangement" ». Les grands noms de la société civile rencontrent la même impossibilité à communiquer avec l'extérieur. En Tunisie, ce n'est qu'une atteinte aux libertés parmi d'autres. Le paradoxe tient au fait que ce même pays accueille à partir de mercredi le Sommet mondial de l'information, écrivait-il à son sujet, évoquant ensuite les moyens dérisoires de lutte pour les opposants : « Depuis le 18 octobre, sept personnalités tunisiennes observent une grève de la faim pour réclamer le respect des libertés publiques et la libération des quelque 400 prisonniers politiques. Simples démocrates, islamistes, marxistes, nationalistes panarabes, ils incarnent les multiples facettes de l'opposition au régime de Ben Ali et pour la première fois présentent un front uni autour de ce qu'ils appellent un "Smic démocratique" ». Si le gouvernement français, du fait de son statut de premier partenaire de la Tunisie, n'a eu qu'une réaction timide face à cette agression en demandant simplement aux autorités tunisiennes que « toute la lumière soit faite » sur cette affaire, les médias français accompagnés par une partie de la classe politique française ont, eux, manifesté avec véhémence leur indignation devant la tenue de ce sommet. « Pour être fidèle à l'image du pays de la démocratie, qu'elle souhaite tant préserver, la France serait bien inspirée de s'abstenir d'être présente, dans un tel contexte, au sommet de Tunis », écrivait ainsi « Le Monde » dans son éditorial du 15 novembre, intitulé « Sanctionner Ben Ali ». Pour le Syndicat national des journalistes français (SNJ), le passage à tabac de Christophe Boltanski « illustre de façon consternante la conception que le gouvernement tunisien se fait de la liberté d'informer » et l'ancien ministre socialiste, Jack Lang, n'a pas hésité à appeler à un « éventuel boycott » du SMSI. Lundi 14 novembre, à deux jours de l'ouverture d'un sommet dont on finirait presque par oublier l'importance des enjeux pour la gestion mondiale de l'Internet - dont les Etats-Unis détiennent les clés sans aucune intention de les céder - une équipe de la télévision belge RTBF a été molestée dans la capitale tunisienne alors qu'elle préparait un reportage sur la liberté d'expression en Tunisie. Une liberté qui semble bien illusoire. |
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Clément Prunières
tunisie source http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=5985
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