Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

divers

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

sitemeter

Site Meter

Lundi 5 décembre 2005

 Tunisie : « La seule chose qu’ils ne contrôlent pas, c’est notre corps »

Considérée par Reporters Sans Frontières comme l’un des 13 plus grands ennemis d’Internet et sans cesse pointé du doigt par Amnesty pour ces violations récurrentes des droits humains, la Tunisie accueillait le Sommet mondial sur la Société de l’Information (SMSI) du 14 au 16 novembre. Alors que tous les pays d’Europe avaient les yeux et les caméras braqués sur ce Sommet Mondial, le régime Ben Ali n’a pas trahi son image d’État liberticide. Ces derniers temps, le harcèlement a redoublé d’intensité.

« J’étais dans la rue Palestine, à 30 mètres de l’hôtel, qui se trouve dans un quartier d’ambassades, très quadrillé par la police. C’est un endroit totalement surveillé par les forces de sécurité tunisiennes. Je vois arriver deux hommes qui, d’abord, s’écartent et puis se jettent sur moi. Deux autres hommes arrivent parderrière. L’un d’eux m’asperge les yeux avec une bombe lacrymogène. Ensuite, ils ont commencé à me rouer de coups de poing, un peu partout. Et puis, je suis tombé, ils m’ont donné des coups de pied, et quelqu’un par derrière, et ça, je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment, m’a donné un coup de couteau dans le dos. Ils ont arraché mon sac, ils ont continué à donner des coups, jusqu’au moment où l’un d’entre eux a lancé en français, et non en arabe : “C’est assez.” Une façon de me dire que j’ai mon compte. Et, à ce momentlà, ils sont partis. J’avais crié “à l’aide”, “au secours”, personne n’est venu. J’ai marché jusqu’à l’hôtel, où là il y avait des policiers en faction, qui m’ont regardé arriver sans broncher, sans manifester de signe d’étonnement malgré ma chemise déchirée et maculée de sang. » (témoignage de Christophe Boltanski, envoyé spécial à Tunis pour Libération). « En Tunisie, les gens sont étonnés, et même scandalisés que les Nations unies aient pu penser organiser un Sommet mondial de la société de l’information dans un pays où précisément cette société de l’information n’existe pas du tout : les gens chez nous n’ont même pas le droit d’exprimer un point de vue. Il suffit que vous écriviez un article sur n’importe quel sujet qui ne plaît pas au pouvoir et que vous le diffusiez par Internet par exemple pour vous retrouvez en prison. Je ne vous dirai pas à quel point dans les prisons tunisiennes ces dernières années et ces derniers mois à quel point les détenus politiques surtout ont été obligés de recourir à la grève de la faim pour demander leur libération. J’ai plusieurs clients qui sont en grève et dont l’état de santé est extrêmement préoccupant. » (Radhia Nasraoui, avocate tunisienne, témoignant devant une équipe de recherche d’Amnesty International à Tunis à la veille du SMSI). « C’est la dictature. Nous avons décidé de nous mettre en grève de la faim, car nous n’avons pas d’autres moyens pour nous exprimer. Les manifestations sont interdites et la presse est totalement muselée. La seule chose que le président Ben Ali ne contrôle pas, c’est notre volonté et notre corps. »

(Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT), un des 7 grévistes de la faim à Tunis). @Pour agir : http://www.amnestyinternational.be/ doc/article6364.html


Dernière modification le : 5 décembre 2005
tunisie source 
http://www.amnestyinternational.be/doc/article6505.html
Par kurt cobain - Publié dans : tunisie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
création de blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus