Les droits de l’homme interdits au pays de Ben Ali

Publié le par kurt cobain

Les droits de l’homme interdits au pays de Ben Ali

Tunisie . Militants, diplomates occidentaux et invités étrangers bousculés n’ont pu assister au 6e Congrès de la Ligue des droits de l’homme.

Bravant l’interdiction de la tenue du 6e Congrès de la Ligue des droits de l’homme, des congressistes ont été empêchés par la force d’accéder au siège de la LTDH (Ligue tunisienne des droits de l’homme) au centre de Tunis. Samedi matin, des dizaines de policiers ont quadrillé le siège de l’organisation tunisienne. Ils agissaient en vertu d’un jugement du 5 septembre 2005 annulant certaines décisions de la Ligue, dont la tenue du 6e congrès, sur plainte d’un petit groupe d’opposants à la direction sortante, proches du pouvoir tunisien.

Des militants ont été bousculés et certains frappés par des policiers, sous les yeux des diplomates européens et américains empêchés également de parvenir au siège de la Ligue. L’accès a été interdit également à Robert Bret, sénateur communiste, à Hélène Flautre, député européen des Verts, à deux avocats du barreau parisien, Mes Jean-René Farthouat et Dominique Tricaud, et à des invités étrangers ainsi qu’aux journalistes venus couvrir l’événement. « C’est honteux que les invités qui viennent soutenir les droits de l’homme en Tunisie ne puissent pas accéder au local de la Ligue des droits de l’homme », a estimé son président Mokhtar Trifi.

Selon un communiqué de la LTDH, le pouvoir tunisien n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour empêcher la tenue de ce congrès. Dans plusieurs régions du pays, des congressistes, des syndicalistes et des militants démocrates, notamment à Bizerte, ont été empêchés par la police de se rendre dans la capitale tunisienne. À la sortie de Bizerte, des barrages de police placés sur les principales routes filtraient les voitures se rendant vers Tunis. À Béjà, autre ville du pays, le président de la section locale de la LTDH a été arrêté à la sortie de la ville, tandis que tous les membres de la section de la ville de Kelibia ont été interpellés. Mêmes scénarios dans les villes de Mahdia et de Monastir, où des militants ont été empêchés de se rendre à Tunis.

Quelques heures après l’interdiction du congrès de la LTDH, douze membres du Conseil national de l’ordre des avocats tunisiens ont entamé samedi une grève de la faim. « Nous avons déclenché ce mouvement pour dénoncer des atteintes à l’indépendance du barreau et pour défendre nos revendications professionnelles », a déclaré l’un de ses membres, Me Abdelsatar Ben Moussa.

Ces faits, s’ajoutant à la condamnation en 2005 à trois ans et demi de prison de l’avocat Mohamed Abou pour avoir comparé la situation en Tunisie au régime de Pinochet, et à l’emprisonnement de centaines de détenus pour délit d’opinion, n’ont nullement empêché l’élection à la mi-mai de la Tunisie au nouveau Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une élection saluée par les médias officiels et qui permet au régime de Ben Ali de poursuivre sa répression contre tous ceux qui dénoncent les violations des libertés et d’interdire toute solidarité avec les démocrates tunisiens. Ainsi en est-il d’Yves Steiner, délégué d’Amnesty International, venu assister à une assemblée de la section locale de l’ONG, interpellé sans ménagement avant d’être expulsé vers Paris.

Hassane Zerrouky

source : http://www.humanite.presse.fr

Publié dans tunisie

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