Agressions et poursuites contre Ali Ben Salem

Publié le par kurt cobain

CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE
 
Tunis le 3 juin 2006
 
Agressions et poursuites contre Ali Ben Salem 

    Aujourd’hui à 6 heure du matin, une brigade entière de plus de vingt policiers est entrée par effraction au domicile de Ali Ben Salem, président de la section de Bizerte de la LTDH, membre fondateur du CNLT et président de l’Amicale nationale des anciens combattants. Il ont brisé les serrures de la porte d’entrée et arraché Ali Ben Salem de son lit, usant de violences contre lui et contre sa femme qui tentait de s’interposer. Ils l’ont emmené manu militari en caleçon et pieds nus, refusant de le laisser s’habiller. Agé de 75 ans, Ali Ben Salem vient de subir une intervention chirurgicale sur le cœur il y a seulement quelques semaines et souffre de lombalgies, séquelles de tortures qu’il a subies au poste de police d’El Manar en 2000 et qui a fait l’objet d’une plainte à l’ONU introduite par l’OMCT;
       Ali Ben Salem a été interrogé sous commission rogatoire par la police judiciaire de Bizerte et déféré en début d’après midi devant le juge d’instruction qui l’a inculpé de « diffusion de mauvaise foi de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public », il a été relâché en début d’après midi. Il comparaîtra prochainement devant une juridiction pour répondre de cette accusation qui se rapporte à la publication le 1er juin courant d’un communiqué de la section de Bizerte de la LTDH, signé par son président où il est fait état d’actes de violences perpétrés contre le prisonnier politique Aymen Dridi par le directeur de la prison de Borj Erroumi, le tristement célèbre Imed Laajimi, réputé pour sa pratique de torture à l’encontre des prisonniers ; Laajimi aurait utilisé le Coran pour frapper le détenu.
Ali Ben Salem est dans la ligne de mire de la police politique depuis très longtemps et son domicile est sous constante surveillance, son téléphone souvent coupé et ses visiteurs ainsi que sa proche famille très souvent empêchés par la police de franchir sa porte. Ali Ben Salem n’a jamais cessé d’être harcelé par le régime de Ben Ali qui est allé jusqu’à le priver de sa pension de retraite pour le punir de son engagement humanitaire.
Ces procédés de délinquants utilisés pour terroriser la famille d’un grand militant, inlassable défenseur de droits humains, témoignent de la fragilité d’un régime qui a besoin de mobiliser un escadron de policiers pour venir chercher un homme pacifique, connu pour son courage et sa fermeté dans la défense des droits humains depuis son jeune âge.
Le même jour, trois autres militants de la section de Bizerte, Lotfi Haji, vice président de la section de la LTDH de Bizerte, président du SJT et correspondant d’Aljazeera, Hamda Mezguiche, membre du bureau de la section et Mohamed Ben Saïd, membre de la section ont été tous gardés à vue au commissariat central de Bizerte durant plusieurs heures, interrogés sur les mêmes faits, puis relâchés.
 
 
Le CNLT
-          Condamne avec la plus grande vigueur ces procédés de bandits utilisés contre un défenseur de droits humains âgé, et assure le militant Ali Ben Salem et sa famille de son entière solidarité.
-          Considère que ces actes comme la poursuite de l’offensive contre la société civile engagée dernièrement par les autorités publiques, qui a pris une ampleur inégalée avec l’interdiction du congrès de la LTDH le 27 mai.
-          Exige l’arrêt de toutes les poursuites engagées contre le militant Ali Ben Salem et la poursuite pénale de tous ceux qui ont commandité et exécuté son agression ainsi que celle de sa femme.
-          Estime que cette politique du tout sécuritaire révèle une fragilité du régime face à des revendications pacifiques des citoyens tunisiens.
 
Pour le Conseil
La porte-parole
Sihem Bensedrine

Publié dans tunisie

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