"Nous voulons la vérité"

Publié le par kurt cobain

 "Nous voulons la vérité"
La source « autorisée » anonyme mise à nue..
La vérité triophe.. La liberté vainquera..
Abdel Wahab Hani

 Après l'échec de la tentative de manipulation de l'opinion, la fameuse et courageuse source anonyme du Ministère de l'Intérieur tunisien, citée par l'agence officielle Tunisie Afrique Presse, dénonce le prétendu communiqué de revendication des affrontements de Hammam-Lif / Soliman que personne n'a pris au sérieux au passage.

Et comme d'habitude la source anonyme annonce que ses services ont arrêté les auteurs anonymes qui seraient des plaisantins! qui de plus voulaient abuser et désinformer l'opinion!!

Mais la source anonyme du Ministère de l'Intérieur nous s'étonne, pour mieux cacher les intentions primaires du vrai auteur anonyme de cette plaisanterie, que certains médias se sont précipités en diffusant ce communiqué, sans se soucier des normes et de l'éthique du métier, tout en précisant que cette façon de faire ne peut pas servir la fiabilité du travail journalistique! ni le droit de l'opinion publique à une information juste et précise!!

Mais qui, en Tunisie, est capable et coupable de telles plaisanteries, de désinformation, de non fiablité de ses informations et d'atteintes graves au droit à l'Information, si ce n'est la source toujours anonyme qui se dit au Ministère de l'Intérieur et ses antennes dans les journaux, les radios, les télés, le net, les cafés.. sur le plan national et international..

Dès les premières minutes de sa diffusion, ce fumeux communiqué était pris par les acteurs de la vie politique tunisien et les journalistes intègres qui se respectent (dans l'opposition comme au sein même du pouvoir) comme une plaisanterie très lourde et une tentative de manipulation de l'opinion. Plusieurs indices allaient dans ce sens, ce qui explique le peu d'enthousiasme des grands médias à le prendre au sérieux.

Reprenons le fil info: Un journal proche du Ministère de l'Intérieur et de sa source anonyme lance à grand renfort de faux détails la thèse d'uns bande de trafiquant de drogue. Personne ne croit à ce racontard. Un 2e journal proche du même ministère et de sa même source anonyme évoque à mots voilés la thèse partagée par le tout Tunis, à savoir la thèse du salafisme jihadiste terroriste. Puis le mutisme, le premier journal discrédité, le second pas trop crédible non plus, des journaux plus indépendants ont alors été fournis en une photo orpheline et sont autorisés à aller sur les lieux.

La classe politique dans son ensemble fait preuve de responsabilité et de sérénité tout en pointant avec pugnacité l'absence des libertés et la défaillance de l'Information. Des voix s'élèvent, au sein même des sphères de l'Etat et des cercles qui lui sont acquis pour exiger la vérité, avec le titre ô combien courageux d'un certain Moncef Ben M'rad, directeur de Akhbar Al-Jomhouriyya (Les Nouvelles de la République):

"Nous voulons la vérité sur ce qui s'est passé à Hammam-Lif"!

Ce Hammam-Lifois de naissance, ancien prétendant au siège de maire de la ville romaine ancienne résidence estivale des beys de Tunis, fils du célèbre  Uléma le Cheikh Ben M'rad et frère de la militante Bchira Ben M'rad, compagnon de la Libération et fondatrice de la très populaire "Union islamique tunisienne de la femme", sous le règne des Beys et sous occupation française, ose prendre sa plume et dénoncer les dérives et exiger des comptes, malgré son légalisme et sa mollesse envers le caractère liberticide du régime.

On se rappelle son Edito pour la Transparence et contre la népotisme, en marge de l'affaire de la concession Isuzi bloquée par les membres de la belle famille de Ben Ali: "La confiance est le moteur de l'Economie, elle n'y est plus. Les opérateurs économiques ont besoin de cette confiance et de se sentir protégés par la Loi. J'interpelle personnellement le Premier Ministre pour que sérénité soit rétablie", son journal a été saisi.

C'est dans ce contexte que des sources anonymes, très probablement proches de la source anonyme, qui se dit au Ministère de l'Intérieur, ont joué aux malins désinformateurs, mais le jeu n'a pas pris..

On se rappelle un fumeux communiqué d'un prétendu groupe tunisien il y a quelques mois, véhiculé à l'époque par une dépêche de l'AFP. L'auteur responsable d'un des bureaux de l'agence dans une capitale du golfe n'est autre qu'un journaleux proche du Ministre de la Propagande en personne. D'ailleurs, personne n'a trouvé trace de ce communiqué qui serait diffusé en arabe sur le net et personne ne parle aujourd'hui de ce fumeux communiqué ni de cette malheureuse dépêche, y compris son propre auteur.. La source 'autorisée' et anonyme ne le lui a pas autorisé..

Parce que les désinformateurs et les sources 'officielles' et 'autorisées' anonymes ne peuvent pas voir plus loin que leur nez qui grandit de mensonges jour après jour, mais qui leur bloque la vue et tous les sens de la vie.

 Parce que la vérité et triomphera. Parce que la liberté triomphera.

Le combat du Ministre de la Propagande (Abdallah), du Ministre Baas DirCab (Ouderni), du Ministre d'Etat Ministre de rien (Ben Dhia), de l'ancien Secrétaire d'Etat à la répression (Ganzoui) des Sénateurs et Ambassadeurs Baasiste et Khogiste (adeptes d'Enver Khodja), du colonel Obbitha (Surnom du Saint-Cyrien mythomane colonel de sécurité militaire qui rode à plein temps sur le net tunisien avec des dizaines de pseudonymes et des personnages inventés de toute pièce) et de toute la machinerie de désinformation est un combat d'arrière-garde. Ils appartiennent désormais au passé, à cette triste page noire de notre histoire moderne, millénaire de peuple épris de vérité et de liberté.

On ne peut, en ces moments d'épreuve, que rendre hommage aux valeureux agents de l'ordre qui ont défendu la patrie à leur corps défendant, sans aucune préparation au danger et sans que l'Etat ne leur rende hommage, faute grave du Baas arabe qui conseille la présidence, parce que son idéologie ne croit pas à la défense de la patrie, mais à la défense du régime.

On ne peut, en ces moments de la rareté de l'information, que rendre hommage aux valeureux journalistes: Slaheedine Jourchi, Salah Atiya, Asma Atrous, Rachid Khéchana, Bassam Bounenni, Noureddine Aouididi, Lotfi Hajji, Ridha Kéfi et à toutes celles et ceux qui se sont battus pour exercer leur métier d'INFORMER et surtout au doyen Moncef Ben M'rad malgré son égarement originel aux cotés de la dictature. "Nous voulons la vérité" sonnera le glas de la dictature et sera, désormais, le mot d'ordre à venir en Tunisie, dans ce pays qui s'apprête, volontiers ou contrait par les règles de la biologie, à vivre sa transition démocratique et son accès à la modernité politique, clef du décollage de la Nation.

On ne peut que rendre hommage aux journalistes ami(e)s de la Tunisie, les vrai(e)s ami(e)s et pas celles et ceux enrôlé(e)s par le Ministre de la propagande moyennant largesses et autres avantages aux frais de l'Etat. Merci à José Garçon, Thierry Auberlé, Baudoin Loos et à plein d'autres qui ont permis aux tunisiens d'être informé sur ce qui se passe chez eux. Merci surtout à Arielle Thédrel, du Figaro, seule journaliste d'un grand média étranger à se rendre sur place et qui a pu, tout en révélant les faits, forte de son expérience avec la chute des régimes despotiques de l'Est soviétique, apporter les clefs d'analyse internes (absence de liberté et montée des facteurs de désespoir) et externes pour mieux comprendre ce qui s'est passé. Le regard externe est souvent d'une grande utilité lorsqu'on est trop collé à sa propre réalité.

On ne peut que rendre hommage au travail très difficile de la LTDH, du CNLT, de l'ALT, de l'AISPP pour que le lutte contre le terrorisme ne se fasse pas en dépit mais dans le respect du droit.

On ne peut que rendre hommage au sang froid de l'opposition tunisienne dans son ensemble, qui a fait preuve de sérénité et de responsabilité. Merci à la jeune et rayonnante dirigeante du PDP, Maya Jribi, à Mohamed Goumani, à Abdelmajid Msellemi et à Moncef Marzouki qui est resté le même dissident combatif mais qui a retrouvé sérénité et sens de la mesure sur Télé 24, après que les tentatives de le manipuler par la 'source autorisée anonyme' aient échoué et que les grands médias panarabes ont fait preuve de professionnalisme et de sérieux apoliticien.

Il est temps, d'ailleurs, que cette 'source autorisée anonyme' démissionne, personne ne le saura, vu son caractère invisible, pour que les tunisiens, gouvernants et gouvernés, retrouvent sérénité et respect. Cette 'source...' n'est que source de désinformations, de manipulations et de dangers.

Mais la vérité triompphera, la liberté vaincra, tout cela ne sera qu'un mauvais souvenir, qui servira certainement, "sachant utiliser cet événement pour avancer", comme l'a joliment dit la journaliste-écrivain Amal Moussa. Ce douloureux épisode servira à nous prémunir du despotisme, de la dictature, la mère de tous les dangers..

Tunisiennes et tunisiens: Plus jamais ça!

Abdel Wahab Hani
Jouy en Josas, le 11 janvier 2007

Publié dans tunisie

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