La politique du tout sécuritaire du régime

Publié le par kurt cobain

CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE

Tunis le 11 janvier 2007
La politique du tout sécuritaire du régime
est responsable des récents événements.
 

Le Conseil de libertés est vivement préoccupé par la recrudescence des arrestations arbitraires qui se sont déroulées ces derniers jours, notamment depuis les affrontements qui se sont déroulés du 23 décembre 2006 au 3 janvier 2007 entre les forces de l’ordre et un groupe armé Salafiste, qui ont fait des victimes  et des blessés parmi les assaillants (12 morts et 15 blessés) et les forces de l’ordre (2 morts et 3 blessés).

Le ministère de l’Intérieur avait annoncé le 3 janvier que 15 personnes parmi les assaillants ont été arrêtées. De nombreuses arrestations ont suivi dans la majorité des villes du pays et notamment dans le grand Tunis, Sliman, Le Kef, Kebili, Gafsa, Kasserine et Sidi Bouzid, touchant des centaines de jeunes.

Le CNLT

Constate que la plupart de ces dernières arrestations ont eu lieu en dehors du cadre de la loi (sans mandats, enlèvement dans les lieux publics…)
Il enregistre que le délai de garde à vue dans les locaux de la sûreté de l’Etat a été dépassé, si l’on s’en tient à la date annoncée dans les déclarations officielles du ministère de l’intérieur ; et les détenus n’ont pas été présentés à la justice à ce jour, selon le ministère public interrogé par les avocats du CNLT.
Il exprime de sérieuses craintes que ces prévenus ne soient soumis à la torture.
 
Le CNLT, tout en réaffirmant sa condamnation de principe de tout usage de la violence,
Considère que les prévenus doivent jouir de toutes les garanties qu’offre la loi et notamment celles relatives à la protection de l’intégrité physique ; il demande que les prévenus soient présentés à la justice dans les plus brefs délais et bénéficier d’un procès équitable.
Exige que les citoyens contre lesquels aucune charge n’a été retenue soient immédiatement libérés.

Exprime sa crainte que ces affrontements violents que vient de connaître le pays ne soient encore une fois instrumentalisés par le pouvoir pour justifier davantage de violations des libertés fondamentales et fournir un nouveau prétexte à l’amalgame entre ce qui pourrait relever de l’impératif de sécurité publique et les mesures autoritaires de verrouillage de l’espace public.

Réitère sa conviction que la gestion autoritaire de l’espace public et le traitement exclusivement sécuritaire des problèmes qu’affronte la Tunisie ont largement démontré leur contre-productivité. Les récents événement ne sont que l’expression de l’échec de cette politique du tout sécuritaire adoptée par le régime depuis 1991. Comment l’a souvent répété le CNLT, la violence appelle la violence et la désertification irresponsable de l’espace public fait le lit de l’extrémisme.
Il fait porter au pouvoir la responsabilité entière de l’émergence de ces mouvements Salafistes en Tunisie et rappelle aux autorités que seul le respect de l’Etat de droit est capable de prémunir le pays de tous les dangers de l’extrémisme et de la violence. Comme le respect de la citoyenneté est le meilleur rempart contre tous les dangers.

Pour le Conseil
La porte parole
Sihem Bensedrine

Publié dans tunisie

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