Merci, M. Schmid!
Chokri Yacoub, Renens (VD)
Le Temps (Suisse), Jeudi 24 novembre 2005
Il y a des moments où l'on se sent fier d'appartenir à un pays. Ce sentiment de fierté je l'ai ressenti lors du discours prononcé par M. Samuel Schmid le 16 novembre lors de l'ouverture du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) qui s'est tenu en Tunisie. Sur ordre des autorités de ce pays, le discours diffusé en direct par la télévision a été brusquement interrompu. Plus censuré que ça, tu meurs.
Devant des milliers de personnes et en présence du général Zine El Abidine Ben Ali et de M. Kofi Annan secrétaire général des Nations unies, le président de la Confédération a clairement signifié au dictateur de Carthage qu'il n'est pas acceptable que l'ONU compte encore parmi ses membres des Etats qui emprisonnent des citoyens au seul motif qu'ils ont critiqué leur gouvernement sur Internet ou dans la presse.
Etant originaire de Tunisie, je peux vous assurer que les propos de M. Schmid ne sont aucunement exagérés. Le régime policier tunisien est répressif et n'autorise aucune liberté d'expression. D'ailleurs, toute personne se rendant pour la première fois en Tunisie est frappée par le nombre impressionnant de policiers. Sans des interventions courageuses et franches telles celles du président de la Confédération, le régime de Ben Ali continuera la répression à l'encontre de ces concitoyens et le verrouillage de toute information libre.
Je voudrais, en mon nom et au nom de tous les défenseurs des libertés, vous dire, Monsieur le Président de la Confédération, un grand merci.
tunisie source www.tunezine.com