Magistrats et avocats français se mobilisent pour leurs confrères tunisiens
AFP, jeudi 15 décembre 2005
Magistrats et avocats français se mobilisent pour leurs confrères tunisiens
PARIS - Les principales organisations de magistrats et d'avocats français ont lancé jeudi un appel en faveur de leurs confrères tunisiens "qui luttent pour la démocratisation de leur pays et pour l'indépendance de la justice".
Le Syndicat de la magistrature, l'Union syndicale des magistrats, FO-Magistrature, la Conférence des bâtonniers et l'Ordre des avocats de Paris "conjurent" la France, l'Union européenne et les organisations internationales "d'intervenir avec la plus grande fermeté auprès du gouvernement tunisien pour qu'il mette fin aux entraves" à l'exercice des libertés fondamentales.
Au cours d'une conférence de presse à Paris, des témoignages ont été apportés sur "le harcèlement et la répression" dont sont victimes avocats et magistrats défenseurs des droits de l'Homme en Tunisie.
"C'est devenu quelque chose de banal que des avocats se fassent agresser", a déclaré l'avocate tunisienne militante des droits de l'Homme, Radhia Nasraoui, qui a raconté comment des confrères s'étaient fait agresser "dans la rue ou au sein même des palais de justice", avaient eu leur bureau saccagé ou leurs clients découragés de venir les voir.
Elle a cité le cas des défenseurs de l'avocat Mohamed Abbou, condamné en avril à trois ans et demi de prison pour "délit d'opinion", qui "n'ont pas le droit d'obtenir une copie du dossier ou de rendre visite à leur client".
Le secrétaire général de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme, Khemais Ksila, qui vit en exil en France, a expliqué que "la situation n'avancera pas à l'intérieur (du pays) sans la solidarité internationale".
Pierre Lyon-Caen, avocat général honoraire à la Cour de cassation, plus haute instance judiciaire française, et membre du Syndicat de la Magistrature (gauche), a plaidé en faveur de l'Association des magistrats tunisiens et de l'Ordre des avocats tunisiens, "victimes de mesures contraires aux engagements internationaux souscrits par la Tunisie".
tunisie source www.tunezine.com