Tunisianités*

Le désenchanté
Nous entendons tous les jours les bruits assourdissants de certains « penseurs » de Casablanca à Bagdad et de Damas à Nouakchott ( et de plus en plus de Strasbourg à Londres, comme le tohu-bohu de Nour El Houda et ses semblables, cette Cosa Nostra arabo-musulmane ) nous rabâcher, prêcher, répéter et ressasser l’éloge d’une soit disant nation arabo-musulmane unique et singulière.
Je crie haut et fort que la culture arabo-musulmane n’est qu’une composante culturelle de la tunisianité et non son essence.
Secte monocellulaire
Les penseurs du déclin nous vantent à longueur de journées un système ‘’monocellulaire’’, une culture qui dans son égocentrisme et son isolement n’apporte que pauvreté intellectuelle.
Ce courant de pensée arabo-musulman réduit la culture à un simple calcul. Et ses adeptes pensent pouvoir quantifier le degré d’appartenance arabo-musulmane. Comme si nous pouvons dire que telle personne est 2 ou 20 fois plus arabo-musulmane qu’une autre !
Ces sectaires de l’identité nous expliquent qu’il existe une unique culture arabo-musulmane valable, modélisable et imposable pour un milliard d’individus ( et plus ! )à travers le monde. Et cela est justifié par le simple fait qu’ils ont la langue et la religion en commun en faisant fi d’autres considérations comme les dimensions géographiques, sociologiques et historiques. Comme si l’Argentine – qui est la plus latine des pays américains- peut être incluse à l’Europe pour le simple fait que les Argentins sont en majorité chrétiens et parlent une langue latine (l’espagnol).
Doit-on rappeler à ces rétrogrades que l’identité ou plutôt la régression identitaire mène depuis la nuit des temps à la barbarie et au totalitarisme. Souvenons nous que les peuples qui sont restés enfermés sur eux-mêmes et n’ont pas voulu ou pu intégrer la diversité sont -au mieux- restés rétrogrades, archaïques et sectaires, sinon ont carrément disparu dans les flots et avancées de l’humanité.
Foetalisation pathologique
Ce courant identitaire considère l'être humain comme sujet que par référence à une identité. L'identitaire privilégie le groupe et ignore l'individu pour mieux justifier ses inégalités et ses faiblesses et parfois ses excès. Ainsi, le djihad est justifié par le sacrifice de l’individu au groupe. La pauvreté, la fatalité, le destin, la soumission et bien d’autres concepts sont justifiés d’après ces rétrogrades par l’intérêt suprême du groupe et sa supériorité aux individus pris séparément les uns par rapport aux autres.
Et plus le monde dit arabo-musulman est vaste et pluriel, et plus les rétrogrades de l’identitaire cherchent à le rétrécir en dissolvant le temps et l’espace et en essayant sans relâche de réveiller la mémoire historique pour mieux « vacciner » les masses.
Ces faux exégètes nous préconisent un modèle fœtal qui, condamné à la stagnation, la fixité et l’immobilisme, rejette les acquisitions, les apprentissages et les assimilations. Cette foetalisation arabo-musulmane nous inculque depuis des décennies une lignée non évolutive ( Darwin, réveille toi !) . Ils nous définissent un seul et unique monde réactionnaire et figé sans aucune autorisation d’évolution, sans aucune possibilité, pour le système lui-même, ni de se scinder en sous-systèmes ni de procéder à des ajouts, inhibitions ou interactions avec autrui. Tout ce qui provient de l’extérieur est rejeté pour le seul motif qu’il est différent (non musulman).
Ce système -renfermé sur lui-même- est depuis des siècles malade et souffre d’une pathologie grave et destructrice. En effet le monde arabo-musulman est caractérisé par un phénomène pathologique grave: Agressivité, haine et rejet de l’autre.
Entropisation culturelle
Les prédicateurs arabo-musulmans ajoutent à cette foetalisation pathologique une entropisation culturelle (ou culture entropique unique). Et ils essayent à tout prix –souvent par ignorance- d’empêcher les individus de réfléchir dans un processus présent/futur. Ils évoquent, répétent et réitérent les « actifs » du passé tout en oubliant les « passifs » cumulés et accumulés au cours des siècles, et nient les apports et nouveautés des autres cultures. Ainsi ils stimulent un mode de pensée passé/présent.
L’entropisation peut être un facteur de progrès mais pas indéfiniment. Un système entropique ne peut être durable. C’est un processus complexe qui sans régénération aucune tend vers la dislocation. Mais dans leur concept de culture entropique et endogène, le groupe dans sa globalité est supérieur aux spécificités de chaque pays, aux particularités de chaque contrée, de chaque communauté. Pour eux, toute composante doit s’écraser devant « l’intérêt suprême » du groupe.
Rappelons nous les exactions et les crimes commis au nom de l’islam et au nom de la communauté arabo-musulmane contre les différentes composantes nord africaines telles que les berbères et les kabyles (il leur fut imposé de n’utiliser que la langue arabe en dépit de leur culture et langue locale).
Et pour entreprendre leur projet d’entropisation, les auteurs de ce modèle mènent une campagne active pour imposer leurs lois subjectives. Ils favorisent une agressivité endogène, ils contribuent encore plus à l’écroulement, l’effondrement et l’étiolement des composantes du groupe. Ils oublient et/ou ignorent très souvent les interactions que peuvent avoir les individus et les sous-ensembles les uns avec les autres . Ils ignorent que l’homme est sociable et que l’humanité n’est qu’une vaste et complexe mosaïque culturelle régénératrice de modèles, de valeurs et de paradigmes.
S’ils continuent leur projet identitaire, ils risquent de nous plonger en une exponentielle entropisation culturelle qui nous mène au chaos.
La dictature du Plus petit dénominateur commun
L’identitaire arabo-musulman, en effaçant les notions de diversités, en niant les particularités socio-culturelles historiques et les dimensions géographiques, impose un concept replié et impénétrable, enfermé et reclus. Ce concept est érigé en modèle sur la seule base du plus petit dénominateur commun : la religion et la langue !
Recherchant un nivellement à tout prix, par le plus petit dénominateur commun, le groupe -qui n’est en réalité qu’un conglomérat hétérogène- est prisonnier de ses geôliers/penseurs qui l’ont défini. Pour eux le groupe a un caractère supérieur et transcendant -car voulu par Dieu- au détriment de l’individu. Et ce groupe tel qu’ils le veulent et l’imposent est un ensemble endogène et centré qui à terme va sécréter son propre poison.
Dans ces conditions, que faire ? Un travail de longue haleine et d’autocritique est à entreprendre au plus vite. Il faut une rapide prise de conscience citoyenne. Et je pense que le jour où toutes les composantes de cet ensemble fictif sauront qu’elles ne progressent guère depuis plusieurs décennies et que le modèle arabo-musulman n’est qu’un leurre, la réaction sera équivalente au désastre qui va nous sauver. Friedrich Hölderlin disait : « plus s'accroît le péril, plus s'accroît ce qui sauve ».
Il est temps pour les masses de s’exprimer, de prendre leur destin en main et de crier que ces marchands de l’inculture sont incompétents pour nous transmettre la culture et la connaissance. Car à force de leur donner un accès volontaire et illimité à nos âmes/mémoires, on est à craindre qu’ils formatent nos instincts à jamais.
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A suivre ( Tunisianités 2 : Centre creux et caverneux / périphéries régénératrices et créatrices).
*: Tunisianité : par analogie à « latinité » d’Edgar MORIN.
tunisie source www.tunezine.com