Détenus en danger de mort
Détenus en danger de mort
Tunisie . La santé des internautes emprisonnés se dégrade, tandis qu’en parallèle la répression se poursuit.
Abdelghaffar Guiza, vingt-trois ans, fait partie des six internautes de Zarzis (Sud tunisien) condamnés en appel en juin dernier à treize ans de prison, pour « entreprise terroriste », « vol et détention de produits explosifs ». En fait, ils s’étaient connectés sur des sites islamistes interdits par le pouvoir tunisien. À l’époque, Guiza et ses compagnons avaient déclaré devant le juge d’instruction avoir été sauvagement torturés dans les locaux de la sûreté de l’État jusqu’à ce qu’ils signent des PV dont ils ignoraient la teneur.
Aujourd’hui, Abdelghaffar Guiza est entre la vie et la mort, indique un communiqué du Comité international de soutien aux internautes de Zarzis : il souffre de tuberculose du fait des conditions lamentables de détention. Son compagnon, Omar Chlendi, vingt-trois ans, a même fait une tentative de suicide à l’annonce du verdict. Ils sont enfermés dans une cellule de 90 m2 avec 100 autres détenus !
Par ailleurs, le militant démocrate Jalel Zoghlami est de nouveau menacé d’incarcération pour « outrage à un fonctionnaire et agression verbale à l’encontre d’un gardien de prison », et ce après avoir purgé une peine de huit mois de prison. « Ce nouveau procès, indique le CRLDH (Comité pour le respect des libertés et des droits l’homme en Tunisie), vise à empêcher J. Zoghlami, actuellement avocat stagiaire, de prêter serment et d’intégrer le barreau de Tunis. » Ces faits, s’ajoutant aux multiples violations des droits de l’homme, n’ont nullement empêché Donald Rumsfeld, en visite à Tunis, de décerner un brevet de satisfecit au pouvoir de Ben Ali dans sa lutte contre l’islamisme radical.
H. Z.
tunisie source www.humanite.presse.fr