Un rassemblement d'opposants tunisiens empêché par la police
Un rassemblement d'opposants tunisiens empêché par la police
AFP, vendredi 24 février 2006
TUNIS - La police a empêché vendredi la tenue d'un rassemblement organisé par des opposants tunisiens pour défendre le droit de réunion, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des dizaines de policiers en tenue ou en civil avaient été déployés autour des locaux du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, opposition légale), lieu prévu du rassemblement organisé par le "Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés", au centre de Tunis.
Les organisateurs ont affirmé que d'autres opposants étaient bloqués par la police aux gares de péage des autoroutes menant à la capitale. Le chef du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale) également membre du Collectif, Ahmed Nejib Chebbi, a indiqué avoir été "malmené" par des agents en civil. "Si les autorités persistent à ne pas respecter notre droit de réunion, on est décidé à porter la tension d'une manière répétitive dans la rue", a déclaré M. Chebbi.
Le Collectif avait annoncé mardi le lancement d'une "campagne de protestation contre des atteintes au droit et à la liberté de réunion dans un contexte de verrouillage politique total". Il avait dénoncé l'empêchement d'une réunion le 25 janvier au siège du FDTL.
Ce Collectif a été créé autour de huit opposants qui avaient observé une grève de la faim de plus d'un mois, en octobre et novembre 2005 à Tunis, avant de suspendre leur mouvement durant le Sommet mondial sur la société de l'information.
Il regroupe des opposants de diverses tendances, dont des islamistes, et reprend les revendications des grévistes pour le respect des libertés d'association et de presse, ainsi que l'élargissement des "prisonniers politiques".
Les autorités ont assuré que le FDTL, le PDP ainsi que les cinq autres partis d'opposition "mènent toutes leurs activités librement et sans entrave". Une conférence de presse tenue mardi dernier "par ces deux partis politiques offre en elle-même un cinglant démenti aux allégations démagogiques de leurs dirigeants", avait indiqué une source officielle.
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