L’imprévisible succession à ciel ouvert

Publié le par kurt cobain

TUNISIE :

L’imprévisible succession à ciel ouvert

Moncef Ben Salem, un scientifique tunisien de renommée internationale, a entamé une grève de la faim depuis 13 jours en Tunisie.

Je tiens à remercier Mer Walid Benneni pour avoir répondu à mon dernier article. J’ai exprimé mon point de vue, il a exprimé le sien…les lecteurs jugeront.

Par Sami BEN ABDALLAH

Avant sa chute, le dictateur Irakien Saddam Hussein avait arraché " Al Bayâa " pour son fils. En Syrie, en dépit du caractère presque Républicain du régime, quelques heures avant la mort de Hafez Al Assad, le parlement s’était réunit au nom du peuple et avait entériné une succession dynastique. Bacchar, l’actuel président de la Syrie n’est autre que le fils de Hafez. Dans les pays du Golf et au Maroc, la question de la succession ne se pose même pas avec des régimes qui se déclarent et s’assument comme étant " monarchiques ". Au Yémen Abdallah Salah, en Libye Gadafi, en Egypte Moubarek, chacun prépare le terrain à son fils pour lui succéder. Et l’inévitable question pour la Tunisie ? Comment s’effectuera une succession qui se déroule depuis des mois à ciel ouvert et combien de temps prendra le processus mis en place ?

En 2009, sauf imprévu d’ordre surnaturel, M.Ben Ali peut, en vertu de la Constitution qu’il a amendée à sa mesure, se représenter pour un sixième mandat de 5 ans. En 2014, il accomplirait donc 27 ans comme président de la République, même si M. Ben Ali aime à rappeler qu’il avait abrogé en 1987 " la présidence à vie ".

Rien n’a changé ou presque en Tunisie depuis 40 ans, sauf la parenthèse démocratique de 1987-1989. Les mêmes acteurs, les mêmes grèves de la faim, le bâillonnement de la presse, la gestion policière des problèmes du pays, la corruption et l’arbitraire qui frappe toute voix discordante. Quel gâchis ! Rien n’a changé ou presque. Sauf que l’éventualité d’un changement à la tête du régime qui semblait une hypothèse invraisemblable il y a quelques années est devenue depuis quelques mois une hypothèse plus que vraisemblable. Le doute qui plane de nouveau sur l’état de santé de M. Ben Ali provoque les alliances les plus contre nature entre ses proches et au sein de son sérail. Du coté de l’opposition, la grève du 18 octobre 2005, la récupération politique qui s’en est suivie et la recomposition du champ politique qu’elle a provoqué ont mis en lumière les paris stratégiques de nombre de présidentiables tunisiens ou de ceux se considérant comme tels.

Du coup, les préparatifs pour la succession se sont fait ostentatoires du coté du pouvoir mais aussi du coté de l’opposition. La majorité parie sur l’émergence d’un nouvel électorat jusque là, cannibalisé par l’opposition de Gauche. Il s’agit de l’électorat de Droite.

Ettajdid, Nejib Chebbi, Moncef Marzouki, Mokthar Yahyaoui et les autres…

Depuis la grève de la faim du 18 octobre 2005, deux pôles politiques se sont structurés, affirmant ainsi les stratégies de 4 présidentiables tunisiens qui se positionnent en fonction de l’alliance ou du rejet d’alliance avec le parti Islamiste Ennahdha. .

- Le premier, celui d’Ettajdid et de ses alliés (deux groupuscules de Gauche et une partie de la bourgeoisie et la petite bourgeoisie francophone) qui campe sur des positions hostiles à toute reconnaissance des islamistes. Si ces positions semblent dictées par des impératifs idéologiques, elles ne le sont pas en réalité et s’inscriraient plutôt dans un calcul politique . Jusque-là, Ettajdid à échoué dans sa transformation d’un parti communiste en un parti de centre gauche, il ne réussit pas à incarner les aspirations de la petite bourgeoisie et la classe moyenne francophone. Par ailleurs, il échoué dans le pari qu’il a fait sur " Al Kotla ", le groupuscule de Mohammed Kileni (Ancien dissident du POCT) pour rajeunir le parti et incarner l’aile gauche d’Ettajdid (et concurrencer ainsi le POCT de Hamma Hammami). Enfin, sur le seul segment qui constitue sa vraie clientèle politique, celui de la petite bourgeoisie francophone, il retrouve des concurrents assez crédibles : le FDLT, le POCT, voire même le PDP. Du coup, conscient que ses partisans et son électorat sont vieillissants, Ettajdid se laisse entraîner par la frange la plus éradicatrice de ses partisans de Gauche, et sa survie politique (son identité politique) dépend de la diabolisation et des " islamistes " et des " droitistes " (ceux se considérant politiquement de Droite). Car il n’a rien à gagner " politiquement parlant ", d’une quelconque " alliance " avec un Nejib Chebbi, un Moncef Marzouki ou un Mokthar Yahyaoui, autant de présidentiables qui pourraient faire de l’ombre au candidat qu’Ettajdid ne manquera pas de présenter aux prochaines présidentielles.

- Le deuxième pôle, le comité du 18 octobre dominé par M. Nejib Chebbi. Ce dernier semble le mieux placé pour récupérer les gains politiques du mouvement du 18 Octobre et lorgne de plus en plus vers l’électorat islamiste. Depuis des mois, Nejib Chebbi fait glisser le positionnement de son parti pour fluctuer entre le centre Gauche et le centre Droit, abandonnant ainsi des thématiques marquées idéologiquement, telle la laïcité au profit d’autres plus rassembleuse telles les libertés. Par ailleurs, M. Nejib Chebbi souhaite se présenter comme le rassembleur des formations et groupes politiques organisés : les Nationalistes arabes enclins à pactiser avec les islamistes, ceux de la Gauche, ou encore les Islamistes se présentant comme des modérés. C’est cette dimension de " rassembleur  naturel " et presque unique que M. Nejib Chebbi veut incarner qui explique sa présence au sein du Comité 18 octobre à coté des partisans de M. Moncef Marzouki dont il ne partage pas la tonalité de discours politique .

Dans sa stratégie de conquête du pouvoir suprême, M. Nejib Chebbi peut compter par ailleurs sur son alliance avec le POCT de Hamma Hammami, et, à un degré moindre, sur le soutien critique du FDLT qui sont également représentés au sein du comité du 18 Octobre. Etnat dans une impasse idéologique, et conscient de sa faible emprise sur la réalité actuelle, le POCT parie sur l’efficacité de son bras estudiantin à l’université (qui concurrence le Groupuscule Al-Kotla de Mohamed Kileni allié d’Ettajdid) et –comme tous les autres candidats non déclarés du régime ou de l’opposition- sur le pourrissement de la situation. Un renouveau du Mouvement syndical tunisien redonnerait vie au POCT. Quant au FDLT, la présence de Mustapha Ben Jâafar au sein du Comité du 18 octobre est de nature à rassurer le Parti Socialiste français (et donc l’internationale socialiste) et à donner plus de poids au pôle du 18 octobre qui peut se targuer de la présence de 2 partis politiques reconnus par le pouvoir dans son sillage.

Autres présidentiables, Moncef Marzouki et Mokthar Yahyaoui. Le premier a choisi depuis des années une stratégie " aventuriste " qui, avant d’être une stratégie politique mûrement réfléchie, traduit son tempérament et son parcours personnel. Depuis sa destitution/démission de la présidence de la LTDH et sa candidature –au départ présentée comme symbolique- aux élections présidentielles de 1994, Moncef Marzouki s’est dit " non-ministrable ", non pas parce qu’il ne serait pas à la hauteur de diriger un ministère, mais parce qu’il s’est découvert un destin de présidentiable et du coup, depuis 1994, sa stratégie politique n’a pas varié d’un iota : un discours politique d’une rare violence, un appel au départ de M. Ben Ali et " une sommation " aux autres acteurs politiques à œuvrer dans ce sens.

Quant à M. Mokthar Yahyaoui, depuis sa lettre ouverte à M. Ben Ali dénonçant l’instrumentalisation de la justice tunisienne, il bénéficie d’une solide réputation de juge rebelle et d’homme de principes. Par conséquent, il parie sur la popularité qu’il pourrait vite se créer auprès du Tunisien ordinaire en entraînant par conséquent la création d’un Mouvement citoyen, une sorte de troisième voie qui ne s’identifierait ni dans le pouvoir ni dans le microcosme politique tunisien assez usé et discrédité. Et M. Mokthar Yahyaoui fait preuve d’une réelle distance avec ce microcosme politique tunisien et ses méthodes et se prévaut du statut d’homme encore " nouveau ". S’il assume clairement un positionnement politique de Droite en fluctuant entre le Centre et le centre-Droit, il a échoué jusque-là à se constituer des réseaux dans le champ dissident tunisien.

Si les relations entre Nejib Chebbi, Moncef Marzouki et Mokthar Yahyaoui sont plus que conflictuelles dans les faits, ils s’accordent cependant sur le fait qu’ils ne réussiront jamais (ou presque) à avoir ni le soutien d’Ettajdid ni celui de la prétendue société civile tunisienne méconnue de la société réelle. Ses acteurs se rassemblent souvent autour d’intérêts ponctuels mais roulent chacun pour soi. D’où le pari de chacun sur un réservoir d’électorat de droite, sur celui des islamistes modérés ou d’une alliance avec eux en cas de légalisation d’un parti Islamiste.

Ce choix stratégique est clair et net pour M. Mokthar Yahyaoui qui ne partage aucunement le positionnement de social-démocrate de M. Moncef Marzouki (du moins sur le plan économique). Son vrai concurrent, c’est sûrement M. Nejib Chebbi. Si les deux hommes s’accordent sur l’importance stratégique de l’électorat de droite et de celui des Islamistes, ils divergent sur le choix des alliés. Nejib Chebbi ne souscrit à aucune diversité islamiste, et ne reconnaît que Rached Ghannouchi et son parti Ennahdha à l’étranger comme seul et unique interlocuteur et représentant de l’islam politique en Tunisie. Et M. Ghannouchi, assez contesté au sein des Islamistes, est réconforté par un tel soutien et ne tarit pas d’éloges sur le secrétaire Général du PDP.

Mokthar Yahyaoui n’évoque que rarement Ennahdha et Rached Ghannouchi dans ses écrits. Il mise sur d’autres islamistes souvent présentés comme l’aile libérale ou modérée d’Ennahdha et sur l’émergence d’une alternative à Rached Ghannouchi qui le soutiendrait. La peur de voir son positionnement politique brouillé à cause de sa présence au sein du Comité du 18 octobre aux côtés de Nejib Chebbi et de servir les intérêts politiques de ce dernier expliquent en partie son retrait discret du Comité du 18 octobre. Et ce en dépit du fait que sa présence à côté des autres acteurs durant la grève de la faim ait apporté une crédibilité incontestable à cette dernière.

Enfin Moncef Marzouki, indifférent depuis des mois à ces jeux de positionnement. Premièrement parce qu’il n’est pas sans savoir - à force de les courtiser- que ni la Gauche ni Ennahdha ne le soutiendraient pour diverses raisons. Deuxièmement, parce qu’il épouse une conception gaulliste de l’action politique et de l’élection présidentielle en vertu de laquelle l’élection présidentielle est la rencontre entre un Homme et un peuple. Il se considère donc au dessus des partis politiques, ce qui explique son discours désidéologisé et l’omniprésence du " peuple " dans ses déclarations.

Et les Islamistes

L’importance stratégique des électeurs de Droite explique en partie la complexité qui marque le dossier des islamistes tunisiens. Le pouvoir craint que toute reconnaissance des islamistes servent le dessein politique des opposants et jusque-là, il hésite entre deux approches :

La première puisant son essence dans un registre politique. Elle consiste en une " normalisation " de ses relations avec les islamistes tunisiens mais de laquelle le pouvoir exclut Rached Ghannouchi et ses partisans.

Lors de la dernière rencontre en 1988 entre Ben Ali et Rached Ghannouchi, les deux hommes avaient conclu un pacte en vertu duquel Rached Ghannouchi se désolidarisait du groupe sécuritaire (le groupe Islamiste qui préparait un Coup d’Etat en 1987), renonçait à infiltrer les corps de l’armée et de la police, et en échange Ben Ali libèrerait et amnistierait les membres du groupe sécuritaire. Il s’engageait également à reconnaître Ennahdha politiquement. Néanmoins ce pacte n’a pas été respecté. Ennahdha a voulu conquérir le pouvoir en 1990 et Ben Ali ne l’a pas reconnu ; il l’a violemment réprimé. Il aurait même découvert que des Islamistes avaient infiltré les appareils de l’Etat jusque dans sa garde du corps rapprochée. Et du coup, les deux hommes s’accusent de trahison. Plusieurs médiateurs, y compris des Ministres arabes, avaient proposé de rapprocher les deux Hommes. Cependant, Ben Ali a réitéré son veto à toute négociation avec Rached Ghannouchi au grand dam des centaines des prisonniers islamistes emprisonnés depuis 1990 qui payent la facture.

- " Sans Rached Ghannouchi mais avec d’autres chefs islamistes " est donc une stratégie possible du pouvoir. Plusieurs autres chefs historiques d’Ennahdha " ( Hammadi Jbeli, Abdallah Zouari, Noureddine Bhiri et même Salah Karkar et tant d’autres) présentés comme étant des " modérés " peuvent bien mener des négociations avec le pouvoir et reconstituer le parti Islamiste sans Rached Ghannouchi et ses partisans. Mais le pouvoir craint qu’une telle reconnaissance politique ne finisse par légitimer " une tête politique " à laquelle la vague de religiosité que traverse la société tunisienne pourrait s’identifier. A cela s’ajoute le risque de voir ce nouveau/ancien corps politique s’allier d’une façon franche avec Nejib Chebbi, Moncef Marzouki ou Mokthar Yahaoui qui sont à la recherche d’électorat.

- Une deuxième stratégie, en vigueur actuellement : elle puise son essence dans un registre strictement sécuritaire et policier. Ainsi, l’absence d’une tête politique islamiste à l’intérieur du pays laisse toute la liberté au pouvoir pour gérer l’islam politique d’une façon institutionnelle, ce qui explique la flexibilité avec laquelle le pouvoir gère certaines questions à Tunis ( tolérance du port du voile par exemple parfois et son interdiction dans d’autres cas). Cette stratégie s’apparente à une politique des prétextes. En refusant l’existence de tout corps politique, en réprimant Hamadi Jbeli et Abdallah Zouari, le pouvoir radicalise la tendance de Rached Ghannouchi, favorise et provoque les comportements religieux les plus rétrogrades (l’apparition de groupuscules Jihadistes tunisiens ou extrémistes) et crédibilise sa politique sécuritaire. Il apparaît ainsi aux yeux de l’occident et de la partie éradicatrice de la Gauche tunisienne (très minoritaires dans les faits, mais très présentes médiatiquement) comme le dernier rempart contre l’extrémisme et le terrorisme religieux. Quant à la résolution de l’imbroglio islamiste, il l’ajourne à de prochaines élections présidentielles. La libération des islamistes serviraient de monnaie d’échange.

La carotte et le bâton

En somme, à Tunis aucune ouverture qui s’inscrirait dans un processus politique ne se dessine à l’horizon, du moins pas avant l’échéance de 2009 ou des présidentielles anticipées. Ce qui explique que les opposants tunisiens soient de nouveau victime de harcèlement et de répression. L’objectif est de maintenir la majorité dans un état précaire. Une panoplie de réponses allant de l’insidieuse coupure de connexion Internet et donc de moyens de communications à l’interdiction de réunion, au redressement fiscal, ou encore à l’interdiction de délivrance de passeport sont de nouveau en vigueur.

La même main qui manie la bâton manie la carotte selon une stratégie d’un haut responsable de la sécurité très proche de " la famille Ben Ali ". Elle consiste à faire des " généraux sans soldats ", faisant ainsi le vide autour des présidentiables. Ainsi certains milieux informés - sous couvert d’anonymat - évoquent une liste jusque-là confidentielle qui contiendrait les noms de 150 personnes que le pouvoir chercherait à contacter. Dans leur majorité, ils sont ou des " modérés ", ou des seconds couteaux  ou enfin, proches de présidentiables . A défaut de les récupérer, le pouvoir souhaite les neutraliser et obtenir leur silence afin de faire le vide au sein du paysage dissident. Des contacts ont eu lieu à Tunis mais aussi en Europe et au Canada durant les semaines dernières avec des dissidents et des exilés politiques en Europe dont la plupart sont des anciens islamistes. Propositions : rétablissement de chacun dans ses droits, une largesse financière, la restitution de leur passeport, le recouvrement de tous les droits pour ceux et celles qui sont à Tunis et la possibilité de retourner au pays sans le moindre problème pour ceux qui vivent à l’étranger. En échange, respecter une seule condition : déserter le paysage dissident et remercier publiquement " Le président Ben Ali " . Ceux qui ont cru en une ouverture politique du régime ont vite été déçu. Ce geste du pouvoir concerne des " cas individuels " et les négociateurs n’ont aucune qualité politique.

Les trois inconnues et la dernière chance …

Dans ces scénarios presque parfait, reste trois données inconnues.

La réaction d’hommes et de femmes à l’intérieur du système qui sont de plus en plus mécontents du poids qu’a pris l’appareil de la police au détriment du parti au pouvoir. La vieille garde bourguibienne écartée des affaires depuis 1987 veille au grain et parie sur cette vague de contestation jusque-là discrète afin de reprendre pied sur la scène politique. C’est cette peur de voir les anciens destouriens retrouver une nouvelle vie politique qui a motivé –par exemple- la virulence de la campagne de dénigrement dont a été victime M. Ahmed Kdidi à qui (et à travers lui la vieille garde bourguibienne) la presse officielle n’a pas oublié de rappeler qu’il faisait partie de l’ancien régime.

La réaction des grandes puissances : la France et les Etats-Unis. Les espoirs de la majorité des acteurs politiques Tunisiens sont portés par l’administration américaine. Il ne fait aucun doute que cette dernière soutienne Ben ali dans les faits, cependant les USA ont souvent montré –comparativement à la France- qu’ils étaient moins complaisants –du moins au niveau du discours politique- avec le pouvoir tunisien.

Quant à la France, son influence sur l’issue de la guerre de la succession est peu probable quoiqu’elle ne soit pas impossible. Si la Droite française gagne les élections présidentielles de 2007, il est improbable que l’actuel premier Ministre Dominique De Villepin , le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, ou même François Bayrou, président de l’UDF, remettent en question leur traditionnel soutien au pouvoir tunisien ou le choix d’un successeur choisi par M. Ben Ali. Si la Gauche française l’emporte, le pouvoir tunisien pourrait toujours compter sur son solide réseau de lobbying français pro-Israël très influent auprès de tous les présidentiables socialistes (M.Dominique Strauss-Kahn, M. Jack Lang, Mme Ségolène Royale ou M. François Hollande) en faisant valoir sa prédisposition à normaliser les relations avec Israël et en jouant les gendarmes de l’émigration clandestine. Qu’ils soient donc de Gauche ou de Droite, tous soutiendraient les choix de Ben Ali tant que les intérêts des grandes entreprises françaises sont sauvegardés à Tunis.

Demeure donc une troisième inconnue, la plus importante et la plus déterminante. La réaction de la rue tunisienne à propos d’une possible succession arrangée par Ben Ali ou à laquelle participerait l’opposition.

Jusque-là, la rue continue à observer en toute indifférence les stratégies du pouvoir et des opposants même si elle ne méconnaît pas la corruption de certains Ministres et hauts fonctionnaires de l’Etat et l’état calamiteux du pays. Cependant, 2009 semble être une date symbolique pour provoquer un changement au sein du pays et un renouveau du corps politique institutionnel et dissident.

Constitué dans sa majeure partie par la génération de l’indépendance, le microcosme politique actuel joue peut être sa dernière chance dans les prochaines élections présidentielles. En 2009, 53 ans sépareront les Tunisiens de la date de l’indépendance et toute une génération, voire même deux sépareront Ben Ali et ses opposants d’une majorité des Tunisiens qui n’ont pas encore dépassé les 30 ans.

Sami BEN ABDALLAH

Sami_tunisie_soir@yahoo.fr

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L
 <br /> Salut,<br />  <br /> Le pèlerin vagabond a enfin réussit une capture d'écran. <br /> A voir :  http://lepelerinvagabond.skynetblogs.be<br /> a+ Lpv 
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