TUNISIE : LA LIBRE EXPRESSION TOUJOURS EN ÉTAT DE SIÈGE
TUNISIE : LA LIBRE EXPRESSION TOUJOURS EN ÉTAT DE SIÈGE
Cinq mois après que le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI)
eut attiré l'attention internationale sur le piètre bilan du pays hôte,
la Tunisie, au chapitre des droits de la personne, la liberté d'expression
demeure bien en-deçà des normes internationales, constate la mission
d'enquête dépêchée sur place par le Groupe d'observation de la Tunisie organisé
par l'IFEX (TMG).
« La liberté d'expression continue d'être férocement réprimée en Tunisie depuis
le SMSI [en novembre 2005]. Non seulement le gouvernement tunisien n'a pas
amélioré substantiellement la situation, mais il a accru les restrictions concernant
les défenseurs des droits de la personne, les juges et quelques journalistes
indépendants, » a déclaré Francesco Diasio, de l'Association mondiale des
radiodiffuseurs communautaires (AMARC), un groupe membre de la mission
d'enquête.
Trois membres du TMG – l'AMARC, le Réseau arabe d'information sur les
droits de la personne (HRInfo) et le Comité mondial pour la liberté de la
presse (WPFC) – se sont rendus en Tunisie du 18 au 22 avril 2006, où ils ont
rencontré des officiels du gouvernement et des représentants de la société
civile tunisienne. La mission avait pour objectif de suivre de près les libertés
de la presse, d'expression et d'association, ainsi que les questions connexes
liées aux droits de la personne. Un rapport de suivi de la mission sera
accessible sous peu à http://campaigns.ifex.org/tmg/fr.
Le TMG fait remarquer qu'alors que certains journaux à faible tirage
offrent maintenant des reportages plus équilibrés sur les questions locales,
la presse officielle à plus grand tirage continue de manquer d'équilibre.
Les journalistes interviewés par le TMG ont affirmé que l'autocensure due
à l'intimidation et aux pressions gouvernementales est toujours très répandue.
Les organisations de la société civile – même celles qui bénéficient d'une
reconnaissance légale – subissent toujours le harcèlement de policiers en civil.
On empêche souvent les militants de l'opposition de participer à des réunions
et à des rassemblements. Certains d'entre eux ont rapporté être surveillés
constamment, et que les sites web de leurs organisations sont surveillés
et bloqués.
Bien que le journaliste Hamdi Jebali et six jeunes utilisateurs de l'Internet,
connus sous l'appellation de « Jeunesse de Zarsis », aient été libérés en
février 2006, ils continuent de se heurter au harcèlement et de se voir
refuser des emplois.
Au cours de la mission, les membres du TMG se sont vu refuser de rencontrer
en prison Mohammed Abbou, avocat et défenseur des droits de la personne,
incarcéré pour avoir critiqué le gouvernement sur Internet. Des responsables
du gouvernement ont informé le TMG que la rencontre avec Abbou, déjà
révue, était illégale. Des membres du TMG ont toutefois accompagné
sa femme, Samia, dans son voyage hebdomadaire à El-Kef, où il est détenu.
Madame Abbou a eu droit à une visite de quinze minutes.
Elle se heurte au harcèlement constant parce qu'elle parle ouvertement de
la situation de son mari.
Les représentants du gouvernement tunisien ont affirmé de manière répétée
que Abbou et les dissidents constituent des « menaces pour l'ordre public ».
Le TMG s'inquiète de l'emprisonnement arbitraire des militants de
l'opposition, qui représentent une menace, selon les autorités.
Pour plus de renseignements sur le TMG, aller à :
http://campaigns.ifex.org/tmg/fr
Consulter les sites suivants :
- AMARC : http://www.amarc.org
- HRInfo : http://www.hrinfo.net/en/
- WPFC : http://www.wpfc.org/index.html
- Le dossier de la Tunisie au chapitre des droits sous la loupe :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/4450474.stm
source :COMMUNIQUÉ DE L'IFEX VOL. 15 No 16 | 25 AVRIL 2006
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