Appel pour sauver la vie des prisonniers politiques
Appel pour sauver la vie des prisonniers politiques
L’état de santé de plusieurs prisonniers politiques tunisiens s’aggrave de jour en jour. Dans des conditions de détention très hostile selon les organisations nationales et internationales, et avec un manque de soin à temps, beaucoup de prisonniers sont infectés de maladies graves (cancer, asthme, diabète, …).
Les autorités tunisiennes ont pris l’habitude de libérer les prisonniers souffrant de maladies grave lorsqu’ils arrivent à la dernière phase, avec impossibilité de guérison, les livrant à leur sort et se débarrassant des coûts de leurs soins.
M. Hachemi Mekki, libéré depuis un mois après qu’il ait purgé 15 ans de prison, souffre d’un cancer de poumon. Il est informé par ses médecins qu’il est en phase finale et qu’ils ne peuvent rien pour lui. Me Mohamed Nouri, président de l’association internationale de soutien des prisonniers politiques en Tunisie (AISPP), Me Samir Dilou membre de l’AISPP et du collectif du 18 octobre lui rendaient visite le vendredi 05 mai 2006, lorsque la police les a poursuivi et violenté leur guide M. Fawzi Sadkawi.
Des nouvelles de M. Habib Ellouz, leader du mouvement Nahdha, non reconnu, prisonnier depuis plus de 15 ans, s’alarment de son état de santé. M. Ellouz souffre de diabète, et d’une chute de vision. Dernièrement, il a perdu la vue d’un œil, le deuxième est sur le point d’être perdu. Aucune initiative pour soigner M. Ellouz n’a été faite par les autorités malgré les grèves de la faim interminables que ce dernier a faite, et malgré les appels continuels des avocats et militants des droits de l’homme en Tunisie et à l’étranger pour que le droit aux soins soit garanti.
L’état de santé de M. Fethi Issaoui est aussi très préoccupant. Il souffre d’un cancer des voies respiratoires. Les médecins ont demandé de le faire opérer depuis 9 ans, sans que les autorités pénitentiaires et politiques acceptent malgré les demandes répétitives de sa famille et des organisations de défense des droits de l’homme. Les conditions de détention ont aggravé l’état de santé de M. Issaoui.
De nombreuses autres maladies et infections rendent les conditions d'incarcération des prisonniers politiques inhumaines. Le cas de MM Hamadi Ben Abdelmalek et M.Chedli Mahfoudh souffrant d'infections épidermiques, l'état de santé détérioré de M. Mohamed Akrout suite à ses grèves de la faim, et bien d'autres cas alarmants.
Vérité-Action exprime sa plus vive préoccupation à l'égard de ces faits. Elle dénonce l'attitude négligente et préméditée des autorités tunisiennes vis-à-vis de ces "otages". La politique de la mort lente exercée contre eux est une pratique sans précédent qui nécessite des organisations et des instances internationales une plus grande mobilisation et dénonciation.
Ainsi, nous appelons, les ONGs de défense des droits de l’homme et les instances internationales spécialisées en la matière à exiger des autorités tunisiennes :
- La cessation de cette destruction systématique de la personne humaine infligée aux prisonniers politiques tunisiens.
- La libération de M. Ellouz, M. Issaoui et tous les autres prisonniers politiques pour qu’ils puissent se soigner correctement.
- D’assurer les soins à tous les prisonniers selon les conventions internationales ratifiées par la Tunisi
Vérité-Action, rappelle que d’autres cas de prisonniers politiques morts en prison ou juste après leurs libérations, ont été enregistrés en Tunisie lors de la dernière décennie. A part la torture, le manque de soin et la négligence des autorités pénitentiaires sont des facteurs essentiels dans ces cas de décès. Rappelons le cas du leader estudiantin Lotfi Idoudi, du professeur Lazhar Noaman, et d'autres.
Fribourg, le 08 mai 2006
Vérité-Action
Mansour Ben Yahya
Service de l’information
info@verite-action.org