| A peine le Sommet mondial pour la société de l’information (SMSI) clos, le gouvernement tunisien reprend son acharnement contre les composantes de la société civile et les opposants. Le dernier numéro du journal « Al Maoukif », organe du Parti démocratique progressiste (PDP) vient d’être interdit de parution. Il semblerait que les autorités tunisiennes commencent à faire les comptes au PDP, dont le Secrétaire général, Me Ahmed Néjib Chebbi avait participé à la grève du 18 octobre 2005 avec sept autres personnalités de la société civile tunisienne. Cette grève a durée un mois et avait pour but de dénoncer l’absence totale d’un Etat de droit en Tunisie. De son côté, le site de la chaîne de télévision « Al Arabiya » n’est plus accessible en Tunisie depuis le 12 novembre 2005 sans que le gouvernement ne donne la moindre explication. Les mesures coercitives contre les associations indépendantes et les défenseurs des droits de l’homme reprennent de plus belle. C’est ainsi que les autorités tunisiennes ont interdit aux membres de l’Association des juges tunisiens de voyager pour participer à l’assemblée générale de l’Association internationale des juges. Il est également le cas avec M. Hédi Triki, membre du Comité régional de soutien au mouvement du 18 octobre dans la ville de Sfax au sud tunisien et ancien prisonnier politique, qui vient d’être sauvagement agressé. Ces exemples ne sont cités qu’à titre exemplatif. Ces mesures ne sont pas étranges du moment où le régime de Ben Ali, à chaque fois qu’il se trouve mis sous les feux des critiques, rappelle ces fidèles lieutenants, ceux qui avaient pu instaurer depuis de longues années un état de terreur et de peur générale dans le pays. C’est dans cet état d’esprit que le président tunisien vient tout récemment de nommer Mohamed Ali GANZOUI, tortionnaire notoirement connu, au poste de Directeur général de la sûreté nationale, poste qu’il avait occupé au début des années 90. Lors de son premier passage à ce poste, la violation des droits de l’homme était systématique, plus particulièrement par la généralisation de la pratique de la torture dans les locaux du Ministère de l’intérieur. Face à cette fuite de l’avant, les grèves de la faim se poursuivent dans les prisons tunisiennes, après les promesses non tenues des autorités carcérales. Le journaliste Hammadi Jebali est dans un état critique après qu’il a entamé, depuis quelques semaines, son énième grève de la faim pour demander sa libération. Partout dans les autres prisons du pays, d’autres prisonniers continuent à mener des mouvements de grèves de la faim, individuelles et collectives, tentant de puiser dans leurs corps épuisés, après les longues années d’incarcération injuste, la force d’attirer l’attention du monde sur leurs calvaires et réclamer leur droit d’être libérés. Vérité-Action, s’alarme de la réaction des autorités tunisiennes qui cherchent à riposter à leur manière aux critiques des gouvernements et des organisations internationales lors du SMSI. Les opposants politiques et la société civile tunisienne qui faisaient depuis longtemps l’objet d’une politique extrêmement répressive, s’attendent à une politique punitive à leur égard. La récente nomination du tortionnaire GANZOUI n’était qu’un pas dans ce sens. Vérité-Action appelle toutes les composantes de la société civile tunisienne à continuer le combat pacifique pour les libertés. Elle appelle à libérer tous les prisonniers politiques et d’opinion et rappelle que l’amnistie générale en faveur des victimes de la répression est une condition indispensable pour débloquer la situation difficile dans laquelle se trouve le pays. Fribourg, le 01 décembre 2005 Vérité-Action Service de l’information tunisie source www.verite-action.org/comm/01122005.htm |