La Ligue des droits de l'Homme au tribunal de Tunis
La Ligue des droits de l'Homme au tribunal de Tunis
![]()
NOUVELOBS.COM | 03.12.05 | 07:37
![]()
La plainte contre la direction de la Ligue tunisienne des droits de l'homme est examinée. Ses dirigeants accusent le pouvoir de la noyauter.
Un tribunal de Tunis réexamine samedi 3 décembre une plainte contre la direction de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (LTDH). La plainte a été déposée par des adhérents proches du pouvoir, paralysant depuis des mois l'action de la plus ancienne organisation dans le monde arabe et en Afrique.
Depuis le dépôt de la plainte, en octobre, la LTDH est entrée dans une crise politico-judiciaire. Elle accuse le pouvoir d'avoir provoqué la contestation dans ses rangs dans le but de la noyauter, mais les autorités se défendent de toute ingérence.
"La situation que la Ligue traverse actuellement est le résultat d'un conflit interne dans lequel l'autorité publique n'interfère nullement", a assuré lundi dernier le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, devant la chambre des députés.
Le 5 septembre, la Ligue s'est vue interdire de tenir son congrès national par le tribunal de première instance de Tunis, à la demande d'un groupe de militants généralement proches du pouvoir accusant les dirigeants de la LTDH d'"abus et violations du règlement intérieur".
Critiques
Le procès fait à la LTDH, première association du genre en Afrique et dans le monde arabe créée en 1977, a soulevé des critiques en Tunisie et à l'étranger. Ces protestations se sont exprimées notamment lors de la tenue, en novembre à Tunis, du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI).
Quatre jours avant ce sommet, lors d'une audience initialement prévue le 28 novembre, le tribunal avait enregistré un retrait partiel de la plainte.
Mais l'affaire n'a pas été radiée. Deux des vingt-deux plaignants n'avaient en effet pas signé la demande de révocation de l'affaire. Il s'agit d'un avocat, Chedly Ben Younès, et d'un sénateur, Ridha Melouli.
La LTDH s'apprête à saisir le président du Comité supérieur des droits de l'homme, Zakaria Ben Mustapha, désigné fin novembre par le président Zine El Abidine Ben Ali pour recueillir les doléances des partis politiques et associations reconnus par le pouvoir.
Zine El Abidine Ben Ali avait décidé cette mission au lendemain du SMSI durant lequel un groupe de personnalités de l'opposition réclamant notamment le respect des libertés publiques avait mis un terme à une grève de la faim d'un mois.
tunisie source http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20051202.OBS7449.html