Les organisations de défense de la liberté d'expression appellent la Tunisie à libérer Mohammed Abbou
(IFEX-TMG) - Ci-dessous, un communiqué commun des membres de l'IFEX-TMG daté du 1er mars 2006:
Les organisations de défense de la liberté d'expression appellent la Tunisie à libérer Mohammed Abbou et tous les autres prisonniers d'opinion
A l'occasion du premier anniversaire de l'emprisonnement de l'avocat et défenseur de droits humains Mohammed Abbou, les organisations internationales de défense de la liberté d'expression saluent la récente libération de nombreux prisonniers d'opinion tunisiens, notamment le journaliste Hamadi Jebali, emprisonné durant plus de 15 ans, et les jeunes de Zarzis, dont la libération était au coeur d'une campagne internationale. Ils expriment cependant leur consternation quant au maintien en prison d'Abbou et l'escalade des violations liées à la liberté d'expression.
Abbou a été emprisonné le 1er mars 2005 et condamné à l'issue d'un procès inéquitable sur la base d'une charge "d'agression" non prouvée, et pour la publication d'une information "de nature à troubler l'ordre public" et "outrage à l'institution judiciaire".
Ce cas est l'un d'une série de cas d'atteinte à la liberté d'expression documentés par le groupe d'observation de la Tunisie (TMG), qui comprend 14 membres.
La liberté de réunion est sévèrement restreinte en Tunisie. Partis politiques, groupes de droits humains et activistes de la société civile ont été physiquement empêchés par la police de tenir des réunions pacifiques dans des lieux privés. Des réunions de l'Association tunisienne des femmes démocratiques (ATFD), du Forum démocratique pour le travail et la liberté (FDLT), du Conseil national pour les libertés (CNLT), ainsi que plusieurs réunions de la ligue tunisienne de droits de l'homme (LTDH) ont tous été interdits dernièrement.
Le contrôle sur des téléphones, des fax et d'Internet sont toujours en vigueur trois mois après la tenue du sommet sur la société de l'information (SMSI) en novembre 2005. Les services de sécurité ont interpellé plusieurs défenseurs de droits de l'homme en février, y compris des membres du bureau de rédaction du journal interdit Kalima, et ont confisqué des copies du journal en leur possession. Les autorités tunisiennes ont interdit la diffusion d'hebdomadaires tels que Al Maoukif, organe du Parti d'opposition PDP ainsi que Akhbar Joumhouria. Les journaux étrangers ont fait face à des interdictions de diffusion, notamment le quotidien français Le Monde et le magazine Al Maraa Al Youm édité à Dubai.
En dépit de l'abrogation du système de dépôt légal qui obligeait les périodiques tunisiens à envoyer à l'administration les copies des journaux avant leur diffusion, le système est toujours en vigueur pour la presse étrangère. Il permet aux autorités de réduire au silence les médias qui critiquent le gouvernement et évoquent les sujets tabous.
Nous appelons le gouvernement tunisien à:


- libérer Mohammed Abbou et tous les prisonniers d'opinion encore détenus.
- cesser la censure des publications en Tunisie, en usant du système du dépôt légal pour arrêter la distribution des médias étrangers.
- lever les obstacles légaux qui supposent que les nouveaux périodiques doivent être officiellement enregistrés avant leur publication.
- autoriser la diffusion de radios indépendantes.
- assurer la liberté de réunion à toutes les ONG indépendantes et tous les partis.
- cesser le harcèlement et l'intimidation des défenseurs de droits de l'homme.