a situation de la justice en Tunisie connaît une dégradation inquiétante

Publié le par kurt cobain

CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE
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Communiqué

 
                                                
Tunis le 31/03/2006


 
Le Centre informe l'opinion publique que la situation de la justice en Tunisie connaît une dégradation inquiétante en dépit des appels à la réforme lancés par le Centre et d'autres organisations représentatives des institutions judiciaires A l'appui de ce constat, le centre relève :


I- Cas de l'Association des Magistrats Tunisiens :


Selon des informations fournies au Centre par des membres du Bureau Légitime de l'Association des Magistrats Tunisiens, le Ministère de la Justice a signifié à Mr Mohamed KHILIFI et Abdelbaki Krid deux décisions signées par le Ministre Bechir TAKKARI portant une amputation pour chacun de deux mois de son salaire sous prétexte d'absence injustifiée pour la période s'étalant de décembre 2005 à Mars 2006.


Le centre considère que cette mesure ne s'inscrit dans aucun cadre disciplinaire prévu par la loi et n'est justifié par aucun manquement à l'exercice de leur fonction. Le Centre considère qu'elle s'insère dans le cadre de la campagne de harcèlement et de pression dont sont victimes les membres des structures légitimes de l'Association des Magistrats Tunisiens.


Mr Khlifi étant l'un des demandeurs dans la procédure engagée par les structures légitime de l'Association à l'encontre des "putschistes".


D'autres Magistrats actifs sont régulièrement convoqués par l'inspection générale près du Ministère de la Justice sous prétexte d'absences injustifiées. Cette situation dénote les conditions déplorables dans lesquelles Magistrats Tunisiens sont contraints d'exercer leur fonction.


Le centre dénonce ces pratiques discriminatoires qui assimilent les Magistrats à des préposés du Ministère de la Justice "payés à l'heure" et soumis à son autorité et rappelle que partout dans le monde les Magistrats assurent une fonction de souveraineté représentant le pouvoir judiciaire et qu'ils sont tenus d'exercer leur fonction sans qu'ils ne soient astraints à des contraintes administratives et encore moins au contrôle du pouvoir exécutif.


Le Centre considère que le démantèlement des structures légitimes des Magistrats consacre une Justice soumise au pouvoir exécutif au mépris de toutes les normes constitutionnelles et Internationales concernant l'Indépendance de la Justice.
 
II-
Cas de Maître ABBOU membre du Bureau Exécutif du Centre :
 
Maître Md ABBOU membre du bureau exécutif du Centre emprisonné depuis le 1er Mars 2005  pour avoir publié un article sur Internet dénonçant notamment la situation déplorable dans les prisons Tunisiennes  et l'absence de l'Indépendance de la Justice continue une grève de la faim déclenchée depuis le 11 Mars 2006.


Selon son épouse qui a pu lui rendre visite Jeudi 30/3/2006, Maître ABBOU se présente très affaibli et pâle et se plaint de mauvais traitements que lui fait subir l'administration de la prison.


Il a été notamment victime d'une agression physique suite à sa demande pressante de le faire transférer à une autre cellule pour échapper à la torture sous forme de provocation et de harcèlements et que lui font subir jour et nuit ses quatre compagnons de cellule.


Le Centre exprime son inquiétude concernant l'état de santé de Md ABBOU en l'absence de tout suivi médical approprié.


N'ayant pas bénéficié d'un procès juste et équitable et considéré par toutes les organisations défendant les droits humains et ses confrères comme un "prisonnier d'opinion", le Centre demande sa libération immédiate.
 
III- Cas de l'Association Tunisienne des Jeunes Avocats :
 
Après avoir pris connaissance des circonstances dans lesquelles s'étaient déroulées "les élections" de l'Association Tunisienne des jeunes Avocats le Centre :
 
- Considère que l'appel et la tenue des "élections" le 11/3/2006 ont été en fait dictés par des éléments étrangers à la profession puisque ces "élections" s'étaient déroulées au milieu d'un quadrillage et d'une présence policière importante jamais enregistrée dans l'histoire du Barreau Tunisien.
 
- Déplore le fait que certains avocats appartenant au parti au pouvoir n'avaient pas respecté la décision arbitrale du Bâtonner acceptée par toutes les parties fixant la date des élections pour le 18/3/2006 et dénonce le quadrillage policier des lieux de la  tenue  de  ces " élections" le 11/3/2006 et les intimidations exercées à l'encontre des avocats et l'empêchement des jeunes avocats d'exprimer leur choix dans des conditions libres et démocratiques.


- Considère que la présence de corps parallèles et partisans dans la profession constitue une atteinte grave à son indépendance et son rôle dans un Etat de droit.
 
le Président
 Mokthar YAHIYAOUI

 

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Publié dans tunisie

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