LE DRAME DE ONZE FAMILLES DE MARINS PECHEURS

Publié le par kurt cobain

LE DRAME DE ONZE FAMILLES DE MARINS PECHEURS

 

Slim BAGGA

 

 

Le 4 février dernier, le chalutier « Oueslatia » quittait le port de la Goulette avec à son bord, le capitaine et dix membres d’équipage. 48 heures plus tard, il est porté disparu.

 

Les premières recherches s’étant avérées vaines, l’intervention d’équipements et d’experts français permirent d’établir dès le 18 février que ce chalutier gisait à 100 mètres de profondeur. Depuis, les familles n’ont eu de cesse de revendiquer l’immersion des cadavres afin de faire leur deuil, mais elles se trouvent confrontées à une indifférence criminelle de l’Administration et même de l’Etat tunisiens.

 

En effet, à qui voudrait on faire croire que l’Etat tunisien est dans l’incapacité matérielle de récupérer et les cadavres et la carcasse qui les abrite depuis près de 3 mois ?

 

Du Gouverneur (Préfet) au ministère de la Défense Nationale, on explique aux familles, tantôt que l’opération coûte cher (environ 500.000 DT, soit 300 000 €) et tantôt, on tente de leur faire croire que cette même opération est dangereuse pour les plongeurs qui la méneraient.

 

Faux arguments et mensonges qui sont loin de convaincre les familles, à la fois en colère et dans le désarroi, face au silence des autorités. D’autant plus qu’aucune enquête n’a été diligentée pour expliquer l’accident. Ce qui, au pays du mensonge et de la désinformation, alimente toutes sortes de rumeurs.

 

Parmi celles-ci, la thèse que le chalutier « Oueslatia » a été heurté par un sous-marin américain opérant en eaux tunisiennes à l’occasion de la visite, en février dernier, du Ministre de la Défense américain, Donald RUMSFELD.

 

Un autre problème de taille préoccupe les familles, d’ordre juridique cette fois. Il concerne le statut des disparus dans le droit. Les familles n’auront ainsi droit à aucune compensation durant trois années avant d’officialiser la mort de 11 marins-pêcheurs.

 

Pendant ce temps, privés du chef ou du soutien de famille, les enfants et les femmes vivent dans la plus grande précarité. Et les mafieux au pouvoir continueront pendant ce temps à s’empiffrer de poisson pour lequel d’autres marins pêcheurs continueront à leur tour de mettre en péril leur vie…

 

NDLR : quelques noms de disparus :

Le capitaine Nizar SALEM,

Amor HADHLI

Mekki HACHANI

Hamda DZIRI

Mohamed Amine BEN SAAD

Salah TEMIMI ( marins pêcheurs)
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Publié dans tunisie

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