LE DRAME DE ONZE FAMILLES DE MARINS PECHEURS
LE DRAME DE ONZE FAMILLES DE MARINS PECHEURS
Slim BAGGA
Le 4 février dernier, le chalutier « Oueslatia » quittait le port de
Les premières recherches s’étant avérées vaines, l’intervention d’équipements et d’experts français permirent d’établir dès le 18 février que ce chalutier gisait à 100 mètres de profondeur. Depuis, les familles n’ont eu de cesse de revendiquer l’immersion des cadavres afin de faire leur deuil, mais elles se trouvent confrontées à une indifférence criminelle de l’Administration et même de l’Etat tunisiens.
En effet, à qui voudrait on faire croire que l’Etat tunisien est dans l’incapacité matérielle de récupérer et les cadavres et la carcasse qui les abrite depuis près de 3 mois ?
Du Gouverneur (Préfet) au ministère de
Faux arguments et mensonges qui sont loin de convaincre les familles, à la fois en colère et dans le désarroi, face au silence des autorités. D’autant plus qu’aucune enquête n’a été diligentée pour expliquer l’accident. Ce qui, au pays du mensonge et de la désinformation, alimente toutes sortes de rumeurs.
Parmi celles-ci, la thèse que le chalutier « Oueslatia » a été heurté par un sous-marin américain opérant en eaux tunisiennes à l’occasion de la visite, en février dernier, du Ministre de
Un autre problème de taille préoccupe les familles, d’ordre juridique cette fois. Il concerne le statut des disparus dans le droit. Les familles n’auront ainsi droit à aucune compensation durant trois années avant d’officialiser la mort de 11 marins-pêcheurs.
Pendant ce temps, privés du chef ou du soutien de famille, les enfants et les femmes vivent dans la plus grande précarité. Et les mafieux au pouvoir continueront pendant ce temps à s’empiffrer de poisson pour lequel d’autres marins pêcheurs continueront à leur tour de mettre en péril leur vie…
NDLR : quelques noms de disparus :
Le capitaine Nizar SALEM,
Amor HADHLI
Mekki HACHANI
Hamda DZIRI
Mohamed Amine BEN SAAD