La Tunisie ne mérite pas de siéger au Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies
(IFEX-TMG) - Ci-dessous, un communiqué de presse de l'IFEX-TMG daté du 9 mai 2006:
La Tunisie ne mérite pas de siéger au Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies, affirment les membres de l'IFEX-TMG, à l'issue d'une mission tunisienne
L'inquiétude est grande parmi les membres du Groupe d'observation de la Tunisie (TMG, Tunisia Monitoring Group), formé au sein de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX). En effet, malgré ses attaques répétées envers la liberté de la presse, la liberté d'expression et la liberté d'association, le gouvernement tunisien a aujourd'hui obtenu le statut de membre du nouveau Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
"Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU risque de perdre toute crédibilité s'il est formé de gouvernements autocratiques semblables à celui qui dirige la Tunisie, un gouvernement qui viole la liberté d'expression, harcèle et emprisonne des individus dont le seul délit consiste à critiquer les dirigeants du pays de façon pacifique," déclare Francesco Diasio, chef de la plus récente mission de l'IFEX-TMG en Tunisie.
Francesco Diasio, de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC); Sally Sami de l'Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo) et Mark Bench du World Press Freedom Committee (WPFC) ont pris part à la mission d'enquête en Tunisie, du 18 au 22 avril 2006. Ils ont été frappés de constater la détérioration de l'état de la liberté d'expression en Tunisie, cinq mois à peine après la tenue du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) à Tunis en novembre 2005.
Quelques faits saillants relevés par les membres de la mission, faits qui seront d'ailleurs rendus publics la semaine prochaine:
*L'emprisonnement d'individus, en raison des opinions qu'ils expriment ou de leurs activités médiatiques, se poursuit.
*Le blocage de sites Web, notamment des sites de nouvelles ou d'information, n'a pas cessé.
*La liberté d'association, qui comprend le droit des organisations de se constituer légalement et celui d'organiser des réunions, est entravée.
*La restriction de la liberté de mouvement des défenseurs des droits de la personne et des dissidents politiques s'accompagne de surveillance, de harcèlement et de gestes d'intimidation par la police politique.
*La censure de la presse et le manque de diversité du contenu journalistique, et ce notamment dans la presse contrôlée par l'État, persistent.
*Les livres sont censurés en vertu d'une procédure de dépôt légal.
*On tente de salir la réputation des activistes par des actes illégaux sur lesquels aucune enquête n'est menée.
*Les avocats et les juges qui réclament l'indépendance du pouvoir judiciaire subissent le harcèlement d'officiels du gouvernement.
Les membres soussignés de l'IFEX-TMG demeurent préoccupés par le fait que la situation des médias et plusieurs autres aspects des libertés d'expression, d'assemblée et d'association, ne répondent toujours pas - loin de là - aux normes internationales et aux conventions dont la Tunisie est signataire, même si le gouvernement tunisien prétend le contraire.
"Malheureusement, la décision de l'ONU d'organiser la deuxième phase du SMSI à Tunis n'a pas incité les autorités tunisiennes à prendre des mesures concrètes en vue de garantir les libertés d'expression et d'association et d'autoriser le journalisme indépendant, comme le souhaitait notamment Kofi Annan, Secrétaire général des Nations-Unies," selon Diasio.