Le régime tunisien accélère la répression
Vérité-Action
Le régime tunisien accélère la répression
La ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) a décidé d’organiser son 6ème congrès les 27 et 28 mai 2006. Ce congrès, prévu initialement il y a neuf mois et interdit par les autorités tunisiennes, aura lieu dans un climat très tendu et hostile aux défenseurs des droits de la personne en Tunisie.
Des membres de la ligue proches du pouvoir ont empêché la tenue du congrès prévu initialement du 9 au 11 Septembre 2005. Ils ont fait recours à la justice pour demander l’annulation de ce congrès, annulation accordée par le tribunal. Un second jugement est prévu le 03 juin prochain. Ces mêmes membres menacent de faire intervenir les forces de l’ordre pour empêcher la tenue de l’assemblée générale prévue pour le 27 et le 28 mai.
Rappelons que
Toujours pour intimider
Ce congrès intervient à la fin d’une semaine mouvementée, marquée par des événements sans précédent. Les autorités passent à une vitesse supérieure dans la répression des forces de l’opposition.
Ainsi, l’intervention musclée à l’encontre des avocats le 23 mai constitue une atteinte grave au barreau tunisien.
Lors d’un rassemblement au palais de justice de Tunis, sur demande du conseil de l’ordre des avocats, la police est intervenue d’une manière sauvage. Maîtres Samir Dilou et Khaled Krichi ont été hospitalisés d’urgence après avoir été violemment agressés. Des dizaines d’autres tabassés et blessés par les policiers sans aucune considération au statut qu’ils représentent. Quelques jours auparavant, des avocates avaient menés une grève de la faim pour protester contre l’agression verbale d’un policier contre l’une de leurs collègues venant soutenir les avocats lors d’un sit-in de protestation contre un projet de loi portant création d’un institut de formation d’avocats, imposé par le pouvoir politique et voté par la chambre des députés.
Ce samedi 27 mai 2006, les avocats tunisiens annoncent une grève de la faim pour protester contre la dite loi et revendiquer leur droit à être entendu. Il est invraisemblable que les avocats soient malmenés par la police et qu’ils se trouvent obligés de choisir la faim pour faire entendre leur voix auprès d’un régime soi-disant membre du nouveau conseil des droits de l’homme.
Dimanche 21 mai, s’est tenu l’assemblée générale de la section de Tunis d’Amnesty International. Des policiers ont arrêté M. Yves Steiner, membre d’AI Suisse, et invité du congrès. Il a été expulsé sans aucune explication. Dans une interview accordée au service de l’information de Vérité-Action, M Steiner déclare qu’ « il y a une volonté des autorités tunisiennes de faire payer ceux et celles qui ont usé du Sommet Mondial sur
Le lendemain, soit le lundi 22 mai, l’ex-président de la section de Tunis d’AI, Hichem Osman, a été entendu par la police.
Vérité-Action qui a, à maintes reprises, attiré l’attention sur les lendemains difficiles du SMSI, observe avec crainte cette dégradation très sérieuse de la situation des défenseurs des droits de l’homme dans le pays.
Vérité-Action :
- Salue les efforts et les sacrifices de
- Appelle tous les militants des droits de l’homme tunisiens et les ami(e)s de la société civile tunisienne à rester vigilants lors du congrès de
- Assure les avocats tunisiens ainsi que
- Condamne fermement les agissements de la police tunisienne lors de l’assemblée générale d’Amnesty International.
- Appelle les autorités tunisiennes à respecter les nombreuses conventions signées et ses engagements internationaux pour protéger les libertés et les droits de l’homme.
Fribourg, le 26 Mai 2006
Vérité-Action
Safwa Aissa
Présidente