Infos brèves - Omar Mestiri

Publié le par kurt cobain

Infos brèves
Omar Mestiri
28 mars 2006

- Les involontaires «dégâts collatéraux » de Mohamed Jegham.
- La faculté de médecine victime de représailles gouvernementales.
- Le général Gueddiche vertement éconduit.
- Les impératifs sécuritaires et le concours du résidanat.
- Belhassen Trabelsi « héros » d’une nouvelle spoliation immobilière.
- La direction de la Ligue entre accommodements et fermeté.


 Les involontaires «dégâts collatéraux » de Mohamed Jegham
Le fils d’une ancienne gloire du football de l’étoile sportive du sahel vient d’ouvrir un café restaurant ultra moderne au complexe touristique « Tej Marhaba » situé en plein centre de la ville de Sousse. Très couru par le tout Sousse, ce café est fermé depuis le lundi 13 mars courant. Coïncidence « fortuite », l’ancien ministre et ambassadeur, aujourd’hui reconverti dans les affaires, Mohamed Jegham, originaire de la région, s’y serait attablé deux jours auparavant. Des témoins affirment qu’un accueil chaleureux lui a été réservé : sa table avait réuni plus de monde que « souhaité » et il s’y est attardé plus que « toléré »…
L’allergie que provoquerait Mohamed Jegham au palais de Carthage semble de plus en plus difficile à maitriser. Depuis quelques années, certains cercles, à la lisière du régime, prêtent à cet ancien directeur du cabinet présidentiel une stature de successeur potentiel. Devenu depuis la bête noire de Leïla, la femme du Président, il avait été congédié sans ménagement de son poste d’ambassadeur à Rome et éliminé des instances dirigeantes du RCD (parti au pouvoir) lors de son dernier congrès.

La faculté de médecine victime de représailles gouvernementales
Les membres du conseil scientifique de médecine de Tunis se sont rendu compte dernièrement que l’arrêté ministériel portant nomination du doyen, du vice-doyen et des chefs de département n’avait toujours pas été publié au journal officiel, plusieurs mois après leur élection, en juin 2005. Il semblerait que les autorités aient eu du mal à digérer certaines dispositions prises par la nouvelle équipe - élue sans leur aval - pour mettre fin à certains privilèges (voir la brève intitulée Impératif sécuritaire et fragilité du mérite scientifique, dans Kalima 39).
Aux dernières nouvelles il semblerait que le conseil scientifique ait de nouveau été impuissant devant les «impératifs sécuritaires» qui ont encore une fois servi à ménager un nouveau stage bien confortable à cette étudiante choyée qu’est la fille du ministre de l’Intérieur.

Le général Gueddiche vertement éconduit
En sus des représailles, les membres de la faculté ont fait l’objet de certaines pressions plus ou moins discrètes... La palme de l’incongruité dans ce registre revient, sans conteste, au Pr Mohamed Gueddiche, le très en vue cardiologue retraité de la santé militaire, qui cumule les parrainages d’innombrables colloques ou séminaires avec les présidences « d’honneur » d’une kyrielle de sociétés savantes. Cet omnipotent conseiller présidentiel sévit, depuis plus d’une quinzaine d’années, dans les arcanes de la santé publique, imposant plus ou moins subtilement ses vues dans les orientations et les nominations, et prononçant les disgrâces...
Apprenant récemment que le Pr Zaouch, souffrant, s’apprêtait à partir à l’étranger pour y suivre des soins, le général Gueddiche, alla le voir pour l’inciter à accepter de déléguer ses prérogatives. Interloqué, le doyen n’hésita pas éconduire l’impudent dans des termes assez fleuris. Mais notre «homme fort» ne se résigna pas pour autant : optant pour une approche plus feutrée, il chargea son larbin, l’ancien doyen Rachid Mechmeche d’aller proposer aussi discrètement qu’inutilement son « aide ».

Les impératifs sécuritaires et le concours du résidanat
À la veille des épreuves du dernier concours national du résidanat (décembre 2005), les gouverneurs de Sfax et de Monastir ont entrepris une démarche assez inhabituelle. Ils ont « demandé » concomitamment aux doyens des facultés de médecine de ces deux villes de leur confier la garde des enveloppes scellées contenant les sujets. Les « raisons de sécurité » ont encore une fois été invoquées pour justifier cette démarche ahurissante, fermement rejetée, qui a toutefois troublé le milieu académique. Certains enseignants ayant relevé que, par une curieuse coïncidence, le rejeton de certain haut responsable politique était candidat au concours en question…

Belhassen Trabelsi « héros » d’une nouvelle spoliation immobilière
Le célèbre pharmacien Abdelkader Kabadou a été contraint de céder dernièrement aux pressions multiples qu’a déployées Behassen Trabelsi, pour s’emparer de sa maison de Sidi Bou Saïd, héritée de son père feu Cheikh Kabadou.
Les prétentions du parrain du groupe « Karthago » sur cette demeure, propriété de la famille Kabadou depuis le 19ème siècle et contigüe au palais du Baron d’Erlanger, se sont affichées il y a près d’un an, en avril 2005, lorsque son intermédiaire contacta le maitre des lieux, en plein milieu d’un deuil que ce dernier venait de subir. Il avait auparavant mis la main sur la maison voisine en amenant la famille Brun, son précédent propriétaire, à annuler une promesse de vente de plusieurs centaines de milliers de dinars, avancée par un homme d’affaires connu.
Le vieux pharmacien essaya bien de tergiverser en proposant un «arrangement » financier conséquent, dédaigneusement rejeté par Belhassen. Mais, paniqué par les conséquences fâcheuses d’une quelconque résistance à cet homme fort, il finit par s’incliner en cédant une partie du bâtiment sans aucune contrepartie. Fort de cet avantage, le « beauf » fit part de nouvelles prétentions, ne laissant aucun doute sur ses intentions de déloger totalement le propriétaire légitime.

La direction de la Ligue entre accommodements et fermeté
Le président de la LTDH a fait part, lors de la conférence de presse tenue le mardi 14 mars, au lendemain de la réunion du conseil national (instance intermédiaire de la Ligue), du dépit de son organisation face à la persécution dont elle est victime de la part des autorités, principalement par le biais de décisions de justice, de « nature politico-policière sous couvert judiciaire ». Il a annoncé que la Ligue ne se considérait désormais plus concernée par l’affaire intentée en justice par des membres du parti au pouvoir, agissant « à l’instigation du gouvernement ». La Ligue dénonce une « stratégie politico-policière [qui] vise la paralysie de toute activité du comité directeur », et qui s’est manifestée, depuis septembre 2005, par l’encerclement de ses structures et de ses militants.
Si cette fermeté a reçu le soutien enthousiasme de plusieurs délégués de section, lors du conseil national, le projet de tenir un congrès dans l’illégalité a suscité de sérieuses réserves ; certains participants ayant même fait allusion au précédent peu probant du syndicat étudiant.
Ce discours résolu fait suite à la fin de non recevoir opposée par les autorités aux multiplies ouvertures affichées par la direction. Après avoir rencontré Zaccaria Ben Mustapha, désigné par Ben Ali, au lendemain su SMSI, pour recevoir les doléances de la société civile, le président de la LTDH a cautionné plusieurs tentatives de médiation menées par des personnalités modérées ou d’anciens ministres. Les noms de Mrs Mohamed Ennaceur et Mahmoud Mestiri ont notamment été évoqués. Un des présidents d’honneur de la ligue a même reçu à son domicile l’avocat Chadli Ben Younes, principal protagoniste du feuilleton judiciaire intenté à la LTDH.
Le comité directeur a poussé cette disposition aux « accommodements » jusqu’à recevoir au siège de la Ligue certains des plaignants membres du parti au pouvoir, qui s’étaient désistés, à la veille du SMSI, après s’être illustrés en jouant les barbouzes, menaçant et insultant les dirigeants de la Ligue, sous la protection de la police politique. Cette tentative de conciliation n’a pas été payée en retour, plusieurs de ces « hôtes » de marque comme Abderraouf Jmel, prétendu président de la section de Sejoumi, ont joué de nouveau les provocateurs en tentant de perturber le 22 mars 2006, la présentation à la presse du rapport de l’observatoire des défenseurs des droits de l’homme.

source www.kalimatunisie.com

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Publié dans tunisie

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